avril 2011 :
Stéphane Bérard teste
la rénovation de Charles de Gaulle en écrivain

[4e de couverture]
De Gaulle, un penseur politique dont les lumières pourraient encore nous être utiles ? De Gaulle, un auteur dont l’écriture pourrait être comprise comme une forme particulière d’action politique ? Encore faut-il pouvoir le saisir dans le contexte actuel, se rendre capable de percevoir les divers liens qui rendraient sa pensée applicable à la vie aujourd’hui.
Stéphane Bérard, à la faveur de cette sorte de consécration que constitue la programmation au bac des Mémoires de guerre, a décidé de s’emparer du texte et d’effectuer les opérations de rafraîchissement nécessaires pour « faire accéder les mémoires de Charles de Gaulle à la littérature ».

[Présentation]
Comme il existe des «traductions en français moderne» destinées à rendre Montaigne lisible par un public plus vaste, plus jeune, moins spécialiste du XVIe siècle, Stéphane Bérard propose, à l’heure où une partie des mémoires du général de Gaulle entrent au programme de littérature des classes de terminale L, sa version de cette œuvre, comme «tentative de faire accéder à la littérature les mémoires de Charles de Gaulle».

Lorsqu’il a appris que le tome III des Mémoires de guerre du général de Gaulle figurerait au programme de français des terminales L, Stéphane Bérard (qui avait, en 2008, proposé une relecture en français de L’Enfer de Dante), s’est rendu dans la bibliothèque municipale de la ville où il habite, afin de se faire un avis sur la question : s’agit-il, ou non, d’une œuvre littéraire ? La bibliothèque ne proposait qu’un tome des Mémoires d’espoir : Stéphane Bérard l’emprunta néanmoins, pour voir.
De cette curiosité est née l’idée de travailler sur le texte qu’il avait entre les mains en sorte de le faire accéder au statut que les décideurs de programme scolaire lui attribuaient : celui d’une œuvre de littérature susceptible de «transmettre à un jeune public un message moral, philosophique et/ou politique» (les Mémoires s’inscrivant au programme dans la rubrique « Littérature et débat d’idées »).
Stéphane Bérard lit un paragraphe, une page, un épisode de son volume, puis il le retranscrit, en gardant l’original plus ou moins à portée de vue. En résulte un récit calqué en décalage, un résumé conservant un champ lexical, des façons de formuler certains problèmes d’ordre public (politique, historique), mais en déformant, coupant, déplaçant les idiomatismes gaulliens de façon à les rendre, de nouveau, visibles. En même temps que la prose gaullienne, un certain nombre de mythologies sont ici remises en évidence par les découpes, déplacements et autres ruses du traducteur.
Le livre donne à voir les effets de ces différents modes d’exposition de l’homme politique en écrivain…


Stéphane Bérard
Charles de Gaulle. Mémoires d'espoir (Le renouveau 1958-1962)
Questions théoriques, collection
« Réalités non couvertes »
11 x 17,5 cm. 72 pages. 8 €

ISBN 978-2-917131-12-1
parution avril 2011